Zoom sur le secteur de la boulangerie en 2025
Un article Infogreffe x Les Echos Le Parisien Services
En 2025, la boulangerie enregistre davantage de radiations que de créations, dans un contexte national lui-même marqué par une progression des cessations d’activité. Le secteur apparaît plus présent dans les procédures collectives que ne le suggère son poids dans le parc et connaît une hausse des injonctions de payer. L’exercice se traduit par un recul du nombre d’entreprises, porté principalement par l’augmentation des radiations.
2025 : une année de contraction du parc d’entreprises
Alors que les immatriculations progressent de 9,9 % au niveau national en 2025, la boulangerie recule. Sur l’exercice, 2 391 entreprises sont créées (- 5,5 %) et 2 585 radiations sont enregistrées (+15,9 %), soit un solde négatif de 194 structures. Avec 37 510 entreprises actives, le secteur conserve une base solide. Cependant, l'écart constaté entre immatriculations et radiations inscrit l’année 2025 dans une trajectoire de repli.
Des défaillances majoritairement liquidatives
Regroupant les entreprises relevant des codes NAF 1071C (boulangerie et boulangerie-pâtisserie) et 1071D (pâtisserie), le secteur représente 0,5 % du stock national et 0,4 % des immatriculations. L’écart apparaît nettement dans le champ judiciaire.
Sur les 63 127 procédures collectives ouvertes en France en 2025 (+3,3 %), 1 107 concernent la boulangerie, soit 1,8 % du total. La part sectorielle dans les défaillances excède ainsi largement son poids dans le parc d’entreprises.
Le même différentiel se retrouve en amont des procédures. Les injonctions de payer progressent de 11,9 % dans le secteur, contre +1,8 % au niveau national, et représentent 2,0 % des ordonnances prononcées. La boulangerie apparaît donc plus présente dans les mécanismes contentieux que ne le suggèrent ses volumes de créations ou son poids statistique.
Le fait marquant de 2025 : des sorties portées par les radiations hors procédure
Si les procédures collectives reculent, l’évolution des radiations éclaire davantage la trajectoire du secteur en 2025. Les sorties progressent de 15,9 %, alors qu’elles augmentent de 51,5 % au niveau national. La boulangerie participe à ce mouvement, mais la ventilation des radiations est déterminante.
Sur les 2 585 radiations enregistrées, 1 177 interviennent à la suite d’une procédure collective (+ 3,9 %). Les autres relèvent de sorties hors liquidation judiciaire : 938 radiations volontaires (+ 12,9 %) et 350 radiations d’office (+ 54,9 %). La hausse tient donc principalement à des cessations d’activité et à des radiations administratives, plutôt qu’à une progression des décisions prononcées par le tribunal.
Le recul du parc d’entreprises s’explique ainsi moins par une aggravation des défaillances que par une augmentation des sorties en dehors du cadre judiciaire.
Entreprises individuelles : le segment le plus exposé
La progression des radiations se concentre d’abord sur les entrepreneurs individuels. Leurs immatriculations augmentent de 14,5 %, tandis que leurs radiations progressent de 35,4 %, soit un rythme nettement supérieur.
Cette évolution s’inscrit dans un mouvement observé à l’échelle nationale, où les radiations d’entrepreneurs individuels augmentent de 114,5 % en 2025.
Les sociétés présentent des trajectoires plus différenciées. Les SAS, qui représentent 46 % des créations, enregistrent un recul de 4,5 % des immatriculations et une hausse de 19,0 % des radiations. Les SARL (37 % des créations) reculent davantage à la création (-13,3 %) et voient leurs radiations progresser de 6,3 %.
En procédure collective, 36 % des SAS aboutissent à un redressement judiciaire, contre 30 % des SARL. Si la liquidation demeure majoritaire pour l’ensemble des formes juridiques, cette répartition traduit une probabilité légèrement plus élevée de maintien sous protection pour les structures constituées en SAS.
Trésorerie : progression des injonctions et des privilèges sociaux
La boulangerie enregistre 3 278 injonctions de payer en 2025, en hausse de 11,9 %, contre +1,8 % au niveau national. Le différentiel confirme une intensification plus rapide du contentieux de paiement dans le secteur que dans l’ensemble de l’économie.
Les inscriptions de privilèges apportent un éclairage complémentaire. Les privilèges de la Sécurité sociale progressent de 19,2 %, pour atteindre 347 inscriptions, tandis que leur montant moyen augmente de 10,5 %. À l’inverse, les privilèges du Trésor reculent de 50 %, avec cinq inscriptions seulement.
Conformité : progression des dépôts, repli des déclarations RBE
En 2025, les dépôts de comptes annuels augmentent de 3,9 % dans la boulangerie, tandis que les déclarations de bénéficiaires effectifs reculent de 6,9 %.
À l’échelle nationale, les RBE (registres des bénéficiaires effectifs) progressent de 2,6 % et les dépôts de comptes de 5,8 %. Le secteur enregistre donc une hausse des dépôts, mais à un rythme inférieur à la moyenne, et se singularise par un recul des déclarations de bénéficiaires effectifs.
La baisse des créations s’inscrit dans cette logique. Les déclarations de bénéficiaires effectifs, directement liées aux immatriculations et aux modifications juridiques, reculent avec le ralentissement des flux entrants. Les dépôts de comptes progressent pour leur part, soutenus par les entreprises toujours en activité.
L’exercice 2025 constitue un signal d’alerte mesuré. En 2026, l’enjeu portera moins sur l’expansion du parc que sur la capacité du secteur à préserver son tissu d’entreprises.
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