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Le mois de janvier 2026 s’inscrit dans la continuité des tendances observées en 2025. Si la dynamique entrepreneuriale demeure active, les fragilités persistent et la rotation du tissu économique reste élevée.Avec 57 271 immatriculations (+3 %), 5 635 entreprises en difficulté (+3,5 %) et 62 460 radiations (+4 %) par rapport à janvier 2025, ce premier mois de l’année confirme un environnement économique toujours sous tension.Immatriculations : une dynamique toujours présente mais contrastéeUne progression modérée des créationsEn janvier 2026, 57 271 entreprises ont été immatriculées, soit une hausse de 3 % sur un an.La création résiste, mais le rythme reste modéré, dans un contexte où les porteurs de projet adoptent une approche prudente face aux incertitudes économiques actuelles.Des disparités territoriales marquéesLa dynamique reste fortement concentrée dans les grandes régions économiques :
- Île-de-France : 28,7 % des immatriculations
- Auvergne-Rhône-Alpes : 12,7 %
- Provence-Alpes-Côte d’Azur : 9,7 %
À l’inverse, la création d’entreprise demeure plus limitée dans certains territoires ultramarins, avec 0,4 % en Guyane et 0,3 % à Mayotte, illustrant des dynamiques entrepreneuriales plus contraintes.Secteurs d’activité : des moteurs et des replisLes activités de services administratifs et de soutien enregistrent la plus forte progression (+29,4 %). Les activités spécialisées, scientifiques et techniques progressent également fortement (+15,5 %), confirmant la vitalité des métiers du conseil, de l’ingénierie et des services à forte valeur ajoutée. Enfin, le secteur de l’immobilier reste dynamique (+8,3 %).À l’inverse, certains secteurs reculent nettement :
- Hébergement et restauration : –25,2 %
- Transports et entreposage : –12,8 %
- Construction : –8 %
Ces évolutions traduisent des arbitrages sectoriels opérés par les créateurs, qui privilégient des activités offrant des barrières d’entrée plus faibles ou jugées mieux adaptées aux changements économiques.Formes juridiques : la prédominance des entreprises individuelles
Les entreprises individuelles demeurent majoritaires avec 20 708 immatriculations, malgré un recul de 3,5 %. Leur flexibilité continue d’attirer, notamment pour des projets de petite taille. Les SAS confirment leur attractivité avec 19 144 créations (+2,9 %), illustrant leur popularité auprès des entrepreneurs. Les SARL progressent de 5,9 % (7 270 créations), tandis que les SCI enregistrent une hausse notable de 7,6 % (6 594 immatriculations). Les autres formes juridiques, bien que minoritaires (3 555 créations), connaissent une forte progression (+39,4 %).Entreprises en difficulté : une hausse contenue mais des tensions persistantesLa liquidation judiciaire reste largement majoritaire avec 3 971 ouvertures, représentant environ 70 % des procédures.Cette proportion élevée confirme que nombre d’entreprises entrent en procédure à un stade déjà avancé de difficulté.Les redressements judiciaires s’élèvent à 1 549 procédures, soit 28 % du total, et enregistrent une forte progression de 29,1 %. Cette évolution traduit une tentative accrue de maintien de l’activité, mais aussi une intensification des situations nécessitant un encadrement judiciaire.Des évolutions régionales contrastéesCertaines régions connaissent une forte hausse des procédures :
- Guyane : +172,7 %
- Centre-Val de Loire : +30,1 %
- Guadeloupe : +24,3 %
À l’inverse, des reculs marqués sont observés en :
- Normandie : –22,3 %
- La Réunion : –52,5 %
Ces écarts témoignent d’une géographie des difficultés particulièrement hétérogène en ce début d’année.Radiations : une progression toujours soutenueAvec 62 460 entreprises radiées, le mois de janvier enregistre une hausse de 4 % sur un an.Des disparités régionales significatives
Les augmentations les plus marquées concernent :
- Mayotte : +200 %
- Nouvelle-Aquitaine : +148,3 %
- Grand Est : +104,5 %
À l’inverse, certaines régions enregistrent un recul notable :
- Auvergne-Rhône-Alpes : –46,4 %
- La Réunion : –73,1 %
Secteurs et formes juridiques les plus concernés
Les hausses les plus significatives de radiations sont observées dans les secteurs d’activité suivants :
- Transports et entreposage : +18,6 %
- Commerce et réparation automobile : +18,3 %
Côté formes juridiques, les SAS sont particulièrement concernées (10 301 radiations, +2,8 %), tout comme les commerçants, avec 38 659 radiations (+29,8 %), traduisant des fragilités persistantes dans les activités de proximité.Nature des radiations : la prédominance des cessations volontairesLes radiations volontaires demeurent le principal motif, avec 40 467 cas, en forte progression (+100,6 %). Elles traduisent des décisions stratégiques ou contraintes des dirigeants, souvent après des périodes prolongées de difficultés.Les radiations consécutives à une procédure collective atteignent 13 987 cas (+12,7 %), confirmant le niveau élevé des défaillances.Les radiations d’office, en forte baisse (–60,7 %), concernent 6 103 entreprises, ce recul traduisant une diminution des situations de non-conformité administrative.
Enfin, la catégorie des “autres motifs” totalise 1 903 radiations, en nette baisse (–84 %), principalement liées à des opérations juridiques ou régularisations.Le mois de janvier 2026 montre que la création d’entreprise progresse encore, mais sans accélération marquée. Dans le même temps, les procédures collectives et les radiations restent à un niveau élevé. L’économie française reste donc dynamique, mais la rotation des entreprises est importante, avec de nombreuses entrées… et sorties.Le suivi mensuel de ces indicateurs constitue un outil essentiel pour comprendre les dynamiques économiques, anticiper les fragilités et accompagner au mieux les dirigeants.Le prochain panorama permettra d’observer si ces tendances se confirment au cours du premier trimestre 2026.Données sur la période du 1er janvier au 31 janvier 2026, comparées à la même période en 2025.Périmètre : France y compris les DROM, hors Haut-Rhin, Bas-Rhin et Moselle.Sources : Infogreffe et greffes des tribunaux de commerce.
Après une année 2024 déjà marquée par la montée des fragilités, 2025 a confirmé l’installation durable des difficultés des entreprises. La progression des procédures collectives, conjuguée à une accélération sans précédent des radiations, a progressivement réduit les marges de manœuvre des dirigeants. Dans ce contexte économique, la prévention et le traitement anticipé des difficultés constituent des leviers déterminants pour préserver l’activité et l’emploi.Un contexte 2025 marqué par une montée des vulnérabilitésL’année 2025 a été particulièrement rude pour les entreprises. Poursuivant la tendance observée en 2024, le nombre de procédures collectives s’est établi à 63 127 sur l’ensemble de l’exercice, soit une hausse de 3,3 % sur un an… un niveau historiquement élevé de défaillances.Côté prévention, les données mettent en évidence un décalage entre les territoires où les fragilités des entreprises sont détectées et ceux où les dispositifs de prévention sont effectivement mobilisés. Si 378 641 entreprises ont été identifiées en situation de vulnérabilité, cette détection se concentre particulièrement dans certaines régions, au premier rang desquelles la Provence-Alpes-Côte d’Azur (31,6 %), devant la Nouvelle-Aquitaine (12,6 %) et le Grand Est (12,1 %). Ces fragilités concernent majoritairement des structures de petite taille, souvent constituées sous forme d’entreprises individuelles ou de sociétés faiblement capitalisées, plus exposées aux tensions de trésorerie et aux aléas conjoncturels.À l’inverse, le traitement des difficultés demeure fortement centralisé. Sur les 16 020 dossiers de prévention ouverts, près de 46,6 % l’ont été en Île-de-France, une région pourtant peu représentée dans la détection des fragilités. Cette concentration s’explique par un accès plus direct aux dispositifs pour les entreprises juridiquement et financièrement les mieux structurées. À l’inverse, les entreprises les plus exposées, souvent de petite taille, mobilisent peu la prévention, ce qui favorise des entrées tardives en procédure collective.Parmi les procédures collectives, la liquidation judiciaire demeure largement dominante, représentant près de 73 % des dossiers, un chiffre qui révèle un recours aux dispositifs intervenant le plus souvent à un stade avancé de difficulté. Dans le même temps, les radiations ont atteint un volume inédit en 2025, avec 457 459 entreprises radiées, une hausse de 51,5 % sur un an. L’articulation de ces indicateurs met en évidence un environnement économique durablement contraint, dans lequel les difficultés financières tendent à s’installer plutôt qu’à se résorber. Dans ce contexte, la mobilisation précoce des outils de prévention, puis, le cas échéant, des procédures amiables ou collectives, apparaît déterminante pour limiter les ruptures d’activité et contenir les défaillances.Agir tôt : les dispositifs de préventionLa prévention constitue le premier pilier d’un traitement efficace des difficultés, en permettant d’intervenir avant l’état de cessation des paiements. En 2025, les dispositifs de détection des greffes ont identifié 378 641 entreprises en situation de fragilité potentielle. Pour autant, seuls 16 020 dossiers de prévention ont donné lieu à un traitement formalisé, un volume quasi stable, mais qui néanmoins souligne un net décalage entre détection et accompagnement effectif.L’entretien de prévention avec le président du tribunal de commerceLe chef d’entreprise peut solliciter un entretien confidentiel afin d’exposer ses difficultés et identifier des pistes de solutions. Le président du tribunal peut également convoquer le dirigeant lorsque des signaux préoccupants sont détectés. Plusieurs procédures peuvent être saisies :Le mandat ad hoc
Procédure entièrement confidentielle, sans condition de cessation des paiements.Un mandataire ad hoc est désigné pour négocier avec les créanciers, rechercher un accord ou accompagner la restructuration. Flexible et sur mesure, ce dispositif reste l’un des outils les plus efficaces en phase précoce. La conciliation
Destinée aux entreprises connaissant des difficultés avérées ou prévisibles, mais non en cessation des paiements depuis plus de 45 jours. Elle vise à conclure un accord amiable portant sur des délais de paiement, remises, apports nouveaux ou restructuration financière. La procédure est confidentielle ; l’accord peut être homologué afin de sécuriser les engagements pris.Faire face aux difficultés avérées : sauvegarde et redressement judiciaireLorsque les difficultés deviennent trop importantes pour être résolues de manière amiable, les procédures collectives prennent le relais.La sauvegarde
Réservée aux entreprises non en cessation des paiements, elle permet :
- de geler les dettes antérieures,
- de maintenir l’activité,
- de préserver l’emploi,
- d’élaborer un plan de restructuration sur une durée pouvant aller jusqu’à dix ans.
Le dirigeant reste à la tête de l’entreprise et bénéficie d’un cadre protecteur contre les poursuites individuelles.Le redressement judiciaire
Cette procédure s’applique aux entreprises en cessation des paiements, mais dont le redressement est envisagé.Elle ouvre une période d’observation, la préparation d’un plan de redressement ou, si nécessaire, une cession totale ou partielle. L’AGS intervient notamment pour garantir le paiement des sommes dues aux salariés.Lorsque le redressement est impossible : liquidation judiciaire et rétablissement professionnelLa liquidation judiciaire
Prononcée lorsque la situation de l’entreprise ne permet plus sa poursuite.Elle entraîne :
- la cessation de l’activité,
- le dessaisissement du dirigeant,
- la réalisation des actifs pour désintéresser les créanciers.
Une liquidation simplifiée est prévue pour les plus petites structures (CA < 750 000 € et ≤ 5 salariés) afin d’accélérer le traitement des dossiers.Le rétablissement professionnel
Destiné aux entrepreneurs individuels dont l’actif est inférieur à 15 000 €, il permet un effacement des dettes en quatre mois, sans liquidation judiciaire et sans dessaisissement, sous conditions de bonne foi et d’absence de salarié.Un écosystème d’accompagnement renforcé
Au-delà des procédures, plusieurs acteurs interviennent pour orienter les dirigeants :
- CCI, CMA et centres de gestion agréés, qui proposent diagnostics et accompagnements personnalisés.
- Médiation du crédit et correspondants TPE de la Banque de France, mobilisés pour résoudre les difficultés de financement.
- CIP, dont les permanences gratuites et confidentielles aident les dirigeants à identifier la procédure la plus adaptée.
- Associations du Portail du Rebond (60 000 rebonds, Second Souffle, APESA, etc.), actives dans l’accompagnement post-difficultés et le soutien psychologique.
L’année 2025 rappelle que l’efficacité des dispositifs de prévention dépend avant tout de leur mobilisation en amont. Si les outils existent, ils restent encore trop souvent activés trop tardivement. L’enjeu pour 2026 est de renforcer l’anticipation des difficultés avec une meilleure appropriation des dispositifs par les entreprises et leurs conseils.
Un article Infogreffe x Les Echos Le Parisien ServicesL’année 2025 marque un tournant pour le tissu entrepreneurial français. Après une année 2024 déjà caractérisée par une montée progressive des difficultés, les douze mois écoulés ont vu s’installer une dégradation plus marquée de la situation des entreprises en activité. La hausse des radiations, le maintien d’un niveau élevé de défaillances et la persistance des tensions financières ont confirmé, au fur et à mesure des trimestres, l’installation de fragilités durables au sein du tissu économique malgré un niveau de création d'entreprises resté soutenu.Tout au long de l’année, les données issues des greffes des tribunaux de commerce ont mis en évidence une accumulation de signaux défavorables, traduisant des arbitrages de plus en plus contraints pour les entreprises. La fin d’exercice a amplifié ces tendances, avec une accélération des cessations d’activité et des difficultés qui ne relèvent plus de phénomènes conjoncturels.Le point sur l’état de santé des entreprises françaises en 2025.Une accélération historique des sorties du tissu entrepreneurialL’année 2025 se caractérise par une augmentation d’ampleur exceptionnelle des radiations d’entreprises. Sur l’ensemble de l’exercice, 457 459 entreprises ont été radiées, soit une hausse de +51,5 % par rapport à 2024, année au cours de laquelle 319 303 radiations avaient déjà été enregistrées (+9 %). Cette évolution dépasse le cadre d’un simple renouvellement du tissu économique. L’examen des motifs de radiation met en évidence une transformation profonde de la nature des cessations d’activité.Les radiations volontaires constituent toujours le premier motif, avec 198 253 entreprises concernées, en progression de 36,7 % sur un an. Elles correspondent à des décisions prises par les dirigeants, souvent à l’issue de périodes prolongées de fragilité économique ou face à des perspectives de redressement inenvisageables.Les radiations consécutives à une procédure collective s’élèvent, quant à elles, à 126 578 cas, en nette augmentation (+24,6 %). Elles confirment le fait que, pour une majorité d’entreprises entrant en procédure, l’issue demeure la cessation définitive de l’activité, la liquidation judiciaire restant largement prédominante représentant à elle seule 46 117 ouvertures, soit près de 73 % des procédures collectives.Les radiations d’office enregistrent une progression particulièrement marquée (+88,8 %), avec 83 597 entreprises concernées. Cette évolution met en évidence une multiplication des situations de défaillance administrative, touchant plus fréquemment des structures de petite taille, fragilisées par des tensions de trésorerie et des difficultés à satisfaire leurs obligations déclaratives.Enfin, la catégorie des “autres motifs” totalise 49 031 radiations en 2025, en forte hausse de 342,8 %. Elle regroupe principalement des radiations liées à des opérations juridiques (fusions, transmissions universelles de patrimoine, dissolutions sans liquidation) ou à des régularisations administratives du registre. Des défaillances installées à un niveau durablement élevéParallèlement à la progression des radiations, le nombre d’ouvertures de procédures collectives est demeuré élevé tout au long de l’année 2025 : 63 127 entreprises ont fait l’objet d’une procédure collective, contre 61 135 en 2024… une augmentation modérée de 3,3 %, mais qui rappelons-le, repose sur un chiffre historiquement élevé.La répartition des procédures demeure largement dominée par la liquidation judiciaire, avec 46 117 ouvertures, représentant environ 73 % des procédures collectives. Ce volume confirme que, malgré l’existence de mécanismes de traitement des difficultés, une large majorité d’entreprises concernées ne parvient pas à assurer la pérennité de son activité.Les redressements judiciaires continuent d’augmenter. Nous avions relevé au cours des trimestres précédents une mobilisation plus fréquente des dispositifs de poursuite d’activité. En 2025, 15 706 procédures ont été ouvertes, soit +12,5 % par rapport à 2024. Les procédures de sauvegarde progressent également sur 2025 avec 1 222 sauvegardes ouvertes, soit une hausse de 8,7 % sur un an. In fine, en 2025, les défaillances s’inscrivent dans la durée, sans inflexion notable malgré le recours plus fréquent aux dispositifs de traitement des difficultés.Des tensions financières persistantes tout au long de l’annéeInjonctions de payer : un indicateur de trésorerie fragiliséeLes injonctions de payer constituent en 2025 un indicateur avancé des déséquilibres de trésorerie des entreprises. Sur l’ensemble de l’année, 163 913 ordonnances ont été délivrées, en hausse de 1,8 % par rapport à 2024. Si la progression reste limitée, le volume atteint demeure élevé et traduit des difficultés de paiement récurrentes entre entreprises.La répartition sectorielle met en évidence une forte concentration dans la construction, qui représente 24,5 % des injonctions, suivie du commerce et de la réparation automobile (18,9 %) et de l’hébergement-restauration (14,5 %). Les activités spécialisées, scientifiques et techniques concentrent 6,3 % des décisions, devant les transports et l’entreposage (5,1 %), les services administratifs et de soutien (4,8 %) et les activités immobilières (4,6 %). Ces secteurs, exposés à des marges contraintes et à une forte cyclicité, demeurent particulièrement sensibles aux tensions de trésorerie.Sur le plan régional, les situations restent contrastées. L’Île-de-France totalise 55 484 injonctions de payer, malgré un recul annuel (-7,9 %), tandis que plusieurs régions enregistrent des hausses marquées, notamment l’Occitanie (+27,3 %), les Hauts-de-France (+15,3 %), la Normandie (+12,7 %) et la Guadeloupe (+35,2 %). Ces évolutions reflètent des fragilités variables selon la structure économique et sectorielle des territoires.Privilèges du Trésor et de la Sécurité sociale : une lecture complémentaire des difficultés financièresS’agissant des dettes fiscales côté Trésor public, le bilan 2025 enregistre 3 444 inscriptions, en hausse de 6,3 % par rapport à 2024. Le montant moyen par inscription atteint 715 393 euros, en progression de 3,9 %.En parallèle, les privilèges de la Sécurité sociale reculent en volume, avec 19 336 inscriptions, en baisse de 13,4 % (vs 2024). Cette diminution s’accompagne toutefois d’une hausse très marquée des montants moyens, qui s’établissent à 132 868 euros, en augmentation de 114,1 % sur un an : les situations traitées portent sur des montants nettement plus élevés…Analysés ensemble, ces indicateurs montrent que, dans un contexte de trésoreries tendues, les entreprises ont procédé à des arbitrages dans le règlement de leurs obligations fiscales et sociales, sans que cela ne se traduise par une amélioration globale de leur situation financière.La prévention des difficultés : un levier encore insuffisamment mobiliséLes entreprises détectées en préventionEn 2025, les dispositifs de détection précoce ont identifié un volume très élevé d’entreprises en situation de fragilité potentielle, confirmant l’ampleur des déséquilibres financiers au sein du tissu entrepreneurial. Sur l’ensemble de l’année, 378 641 entreprises ont été détectées en prévention.La répartition régionale met en évidence de forts contrastes. La Provence-Alpes-Côte d’Azur concentre à elle seule 31,6 % des entreprises détectées, devant la Nouvelle-Aquitaine (12,6 %), le Grand Est (12,1 %), l’Auvergne-Rhône-Alpes (9,4 %) et l’Occitanie (9,1 %). À l’inverse, certaines régions à fort poids économique, comme l’Île-de-France, ne représentent que 1,3 % des entreprises détectées.Ces écarts s’expliquent en grande partie par des facteurs structurels : spécialisation sectorielle plus exposée dans certaines régions, poids des très petites entreprises, densité entrepreneuriale et pratiques différenciées de détection. Ils illustrent également que la détection ne recouvre pas mécaniquement les zones où le tissu économique est le plus dense.Les dossiers de prévention étudiésParmi ces entreprises détectées, une part limitée fait l’objet d’un accompagnement formalisé dans le cadre des dispositifs de prévention. En 2025, 16 020 dossiers de prévention ont été étudiés, un volume quasi stable par rapport à 2024 (-0,5 %).En région, l’Île-de-France concentre 46,6 % des dossiers étudiés, loin devant la Nouvelle-Aquitaine (9,4 %), les Hauts-de-France (8,8 %), la Provence-Alpes-Côte d’Azur (7,3 %) et le Centre-Val de Loire (5,0 %). Cette concentration traduit à la fois le poids institutionnel des juridictions franciliennes et une mobilisation plus fréquente des dispositifs de prévention dans certaines régions.Ces dossiers couvrent différents outils de prévention :
2 705 entretiens spontanés de dirigeants ( -17,3 %),
12 043 entreprises convoquées par les tribunaux (-0,2 %),
3 463 procédures de conciliation (+4,4 %),
2 869 mandats ad hoc (-1,2 %).
Ces données confirment que, si la prévention reste pleinement mobilisée en 2025, son volume demeure limité au regard du nombre d’entreprises détectées. L’écart entre détection et traitement souligne les contraintes opérationnelles de ces dispositifs face à l’extension des fragilités observées sur l’ensemble du territoire.Une création d’entreprise toujours dynamique, mais insuffisante pour compenser les sortiesLes immatriculations en 2025 En 2025, la création d’entreprise est restée soutenue, malgré un environnement économique contraint. Sur l’ensemble de l’année, 634 681 entreprises ont été immatriculées, soit une hausse de 9,9 % par rapport à 2024, année qui avait enregistré 610 177 créations (+8,6 %).Cette progression confirme la résilience de l’élan entrepreneurial, déjà observée l’an dernier. Elle ne suffit toutefois pas à contrebalancer l’ampleur des sorties du tissu économique, marquées par une accélération des radiations et le maintien d’un niveau élevé de défaillances.Analyse sectorielle des créationsLa répartition sectorielle des immatriculations met en évidence une poursuite de la recomposition du tissu entrepreneurial. Les activités immobilières figurent parmi les principaux moteurs, avec 101 582 créations, en hausse de 14,5 %. Le commerce et la réparation automobile enregistrent 118 890 immatriculations (+16,1 %), tandis que les activités spécialisées, scientifiques et techniques progressent fortement, avec 74 807 créations (+27,1 %).À l’inverse, plusieurs secteurs affichent un repli. Les créations diminuent dans l’hébergement-restauration (36 389 immatriculations, -1,8 %) et dans la construction (37 204 créations, -5,4 %), deux secteurs déjà fortement exposés aux tensions observées en matière de trésorerie et de défaillances.Ces évolutions illustrent les arbitrages sectoriels opérés par les créateurs, dans un contexte où les projets s’orientent davantage vers des activités de services, à barrières plus faibles à l’entrée ou mieux adaptées aux mutations économiques.Analyse par forme juridiqueLes formes juridiques privilégiées par les créateurs confirment les tendances observées ces dernières années. Les entreprises individuelles demeurent largement majoritaires, avec 235 440 immatriculations, en progression de 12,9 %. Les sociétés par actions simplifiées (SAS) suivent, avec 211 128 créations (+9,4 %), toujours attractives auprès des entrepreneurs.Les sociétés civiles immobilières (SCI) enregistrent 81 425 immatriculations, en hausse de 16,7 %, tandis que les SARL stagnent avec 73 507 créations (-0,7 %). Les autres formes juridiques représentent 33 181 créations (+3,8 %).Mises en regard des radiations, ces données soulignent un contraste marqué : si certaines formes juridiques restent dynamiques à la création, elles sont également fortement représentées parmi les sorties, révélant une volatilité accrue du tissu entrepreneurial.Une lecture territoriale contrastée : dynamiques et fragilités régionalesL’analyse régionale confirme l’existence de dynamiques très différenciées selon les territoires, tant du point de vue de la création que des difficultés rencontr ées par les entreprises. En matière d’immatriculations et en raison du poids économique de ces régions, l’Île-de-France concentre 30,1 % des créations en 2025, devant l’Auvergne-Rhône-Alpes (11,9 %) et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (10,0 %).Les procédures collectives progressent fortement dans certains territoires, notamment en Guyane (+207,5 %), en Guadeloupe (+49,8 %) et en Pays de la Loire (+20 %), tandis qu’elles reculent dans le Grand Est (-18,5 %) ou en Provence-Alpes-Côte d’Azur (-3,9 %). Les radiations présentent également de forts contrastes, avec des hausses particulièrement marquées en Provence-Alpes-Côte d’Azur (+77,3 %), en Île-de-France (+60,1 %) et dans les Hauts-de-France (+57,4 %).Ces écarts régionaux se retrouvent dans les injonctions de payer, les dispositifs de prévention et les indicateurs de conformité, soulignant que les fragilités économiques ne se répartissent pas uniformément sur le territoire. Ils masquent par ailleurs des disparités infra-régionales importantes, entre les grandes aires métropolitaines et les zones plus rurales, ainsi qu’entre les territoires spécialisés dans des secteurs exposés - tels que la construction, le transport ou le commerce - et ceux davantage orientés vers des activités de services ou à plus forte valeur ajoutée.Une lecture territoriale contrastée : dynamiques et fragilités régionales
Dépôt des comptes annuelsEn 2025, le dépôt des comptes annuels progresse dans l’ensemble, une amélioration de la conformité déclarative, qui laisse néanmoins apparaître des écarts territoriaux. Les greffes ont enregistré 1 662 464 dépôts, en hausse de 5,8 % par rapport à 2024.Les SAS représentent 47 % des dépôts, devant les SARL (45 %), les autres formes juridiques se partageant les 8 % restants. Sur le plan régional, l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’Occitanie concentrent une part significative des dépôts.Bénéficiaires effectifs : un renforcement des contrôlesLe registre des bénéficiaires effectifs prend une place croissante dans le dispositif de transparence économique. En 2025, 789 842 déclarations ont été enregistrées (+2,6 %), tandis que les greffes ont identifié 59 269 signalements de divergences, en forte hausse (+54,9 %).Les anomalies portent principalement sur :
la nature et l’étendue des intérêts détenus,
l’absence d’enregistrement de bénéficiaires effectifs,
des erreurs d’identification (état civil, dates, nationalité).
Entreprises engagées : ESS et sociétés à mission
Les entreprises de l’économie sociale et solidaireEn 2025, le nombre d ’entreprises relevant de l’économie sociale et solidaire (ESS) s’établit à 1 854, contre 1 354 en 2024, confirmant une progression marquée. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de renforcement des attentes sociétales et réglementaires autour de la responsabilité des entreprises, ainsi que d’un intérêt croissant pour des modèles conciliant activité économique et utilité sociale.Les entreprises de l’ESS se concentrent principalement dans les secteurs du conseil, de l’immobilier, de l’ingénierie, de l’informatique et des services aux entreprises, traduisant une montée en puissance de ces formes d’engagement dans des activités à forte composante de services. Sur le plan territorial, l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Occitanie, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Nouvelle-Aquitaine figurent parmi les régions les plus représentées, en cohérence avec leur poids économique et la diversité de leur tissu entrepreneurial.Les sociétés à missionEn 2025, 630 sociétés à mission sont recensées, contre 662 en 2024, marquant une légère contraction après plusieurs années de progression. Ce repli s’inscrit dans un contexte économique plus contraint, susceptible de freiner l’engagement formel dans des dispositifs perçus comme structurants mais exigeants en matière de gouvernance et de suivi.Les activités spécialisées, scientifiques et techniques demeurent largement dominantes, devant le secteur de l’information-communication, illustrant une appropriation plus forte du statut par des entreprises disposant de capacités d’anticipation et de structuration plus avancées. Si cette dynamique reste minoritaire à l’échelle du tissu entrepreneurial, elle conserve une portée significative, en traduisant l’intégration progressive d’objectifs sociaux et environnementaux dans certains modèles d’affaires, malgré un environnement économique moins favorable.L’année 2025 met en exergue un déséquilibre marqué entre créations et sorties d’entreprises, sur fond de contraintes financières durables et de défaillances installées. Si la prévention et la conformité progressent, elles peinent à contenir l’ampleur des fragilités observées.


















